Je n'aime pas les hypocrites, mais je les comprends.
L'hypocrisie, vacante et pleinement conciliante ne fait que s'accroître en cette époque si sombre de l'Histoire. Notre histoire. Celle que l'homme façonne à son image et concède aux philosophes primaires qui pensent être supérieurs. La vie, la vraie, tout ça n'est qu'une vague illusion engendrée par ceux qui possèdent l'intelligence suffisante mais niaise et qui peuvent se permettre de tous nous contrôler. Si seulement ces derniers arrivaient à faire ce grand travail sur eux-mêmes que chaque humain se doit de faire au moins par respect pour autrui. La base même de ce mot est décédé il y a de cela bien des siècles. Ce n'est d'ailleurs qu'un protocole illusoire crée dans l'unique but de contenter ceux au bon fondement. Quelle grande bêtise que d'encore croire au rythme incertain et vacillant du mouvement des castes sociales. Pour moi qui ai côtoyé divers milieux sociaux, du plus bas au plus haut, je suis à même de dire, et ce en toute objectivé, que l'on peut retrouver en chaque forme de pensée les mêmes pulsions instinctives qui visent à se créer une image totalement différente de ce que nous sommes réellement. A savoir, une haine transformée en une peine inassouvie qui pousse à un besoin d'attention, de compassion et de prosternation. On imagine cependant difficilement la personne ou le culte que l'on peut idolâtrer être basée sur un mensonge primaire et une torsion pure et simple de l'idée première, mainte et maintes fois modifiée pour rester dans le contexte actuel. Il faut plaire et que ça plaise.
J'en ai ma claque de toutes ces manières de prostrés. Je me fous bien de ce qu'il adviendra des personnes qui pensent que le véritable bonheur se trouve dans le regard des autres. Même si au fond d'elles-mêmes, ces dernières savent très bien qu'elles n'arrivent pas à s'avouer qu'elles sont au moins autant pitoyables que le plus méprisable des pions. Parce qu'après tout, une fois qu'elles auront faits leur temps, qu'en résultera-t-il ? Rien. Si ce n'est la vague mais intime conviction qu'elles seront passées sur des périodes bien sombres mais enjouées par une manipulation chronique qu'elles connaissent déjà tellement pertinemment. On a beau expliquer à un gosse que s'il court dans un mur il va se le prendre, il a besoin de voir que sa gueule est amochée par la suite pour le comprendre. C'est un fait inexplicable, mais qui est à la base de toute pathologie. La connerie.
C'est décidé. Je m'en vais. Il ne m'en reste que trop insupportable de rester en confrontation permanente avec une bande de pessimistes qui ne savent pas réfléchir plus loin que leurs propres intérêts. Or mes intérêts ne sont jamais passés avant ceux à qui j'accorde un minimum d'estime. Quitte à planifier une mort certaine, autant la faire avec un minimum de panache et d'originalité. Ma famille ? Quelle famille. Ils sont morts. Tous. Et j'avoue ne plus m'en être plaint depuis bien longtemps. Mes amis ? Je n'ai jamais eu que trois amis et ils sont morts également. La liberté, lorsqu'elle est vue et utilisée avec un escient plus que sensé peut-être une bonne chose. Mais lorsque la débauche adolescente vous rattrape, rien ne peut vous être plus fatal. Seule la triste réalité vous rattrape un jour ou un autre. Malheureusement.
Mentir pour obtenir de la passion, de la compréhension, de l'attention et de la compassion. Quel triste métier que fut le mien. Quel affabulation qu'en est resté le votre !
Moi, qui fut ballotté durant huit ans en enfer avant que l'on m'arrache de ses mains. Moi qui rêvais de venger mon enfance et la sienne en premier lieu. Rien de ce qu'une entité peut espérer, se verra être attribué ou arriver. Rien. Le néant. Le vide. La fin. La chute. N'en suis-je pas pour le moins devenu une entité glauque qui persiste à croire que le bonheur total et inassouvi se trouve dans les pupilles bleues d'une frêle enfant encore insouciante ? Pourquoi n'ai-je donc jamais réussi à éprouver le moindre sentiment pour quiconque si ce n'est cette enfant qui est désormais embrigadée dans mon esprit. Seule et funeste. Le bleu de ses yeux, la volupté de ses cheveux et la grâce de chacun de ses gestes me laisse encore pantois. Parfois. Si seulement. Si seulement ils savaient ce que tout cela pouvait représenter. Rien de tout ce qui est arrivé n'aurait du ainsi se passer. Il m'arrive encore de te voir, entre la cime des pins le soir, ou dans le vent glacial qui vient faire frémir mes frêles côtes lors de mes virées nocturnes en forêt. Méditer, pleurer, songer. Observer, squatter, juger. Rien. Rien ne remplacera jamais ce qu'il nous a volé. Jeûner, caser, trembler. Le frémissement qui m'accompagne depuis tant d'années à la simple idée de te retrouver reste ma ô sainte horreur du passé. Jamais. La route dévastée n'est reste que plus consternée. Jamais, ô grand jamais je ne vendrais la mèche de ce que je sais, de ce que nous savons quant à cette connaissance. Et puis de quelque manière qu'il soit, qui comprendrais. Je reste sceptique quant à l'attrait plausible d'une quelconque rédemption de son âme. De la mienne. De la tienne. De la leur. Personne.
Jamais plus il ne me sera possible d'éprouver le moindre sentiment. La moindre petite torsion au niveau du bas ventre qui me fait insinuer qu'il reste malgré tout, ou malgré moi, une quelconque connaissance du verbe aimer. Ces grands rêves, d'insouciance et de débauche, n'en restent pas moins une contrainte qui me poussent à persister. Ou qui m'y poussait. Car désormais il n'en reste rien de plus qu'un entité dépravée et inconsidérée. Je vous méprise tous autant que vous êtes. Mais il n'est d'êtres que je peux me permettre de mépriser plus que moi-même.
Je n'ai pas abdiqué de ma vie. On m'y a contraint.
Déraisonné. Voilà le verdict circoncit que je me donne. Je ne vis pas dans le même monde que le commun des mortels. Personne ne vit dans un monde normal, ou presque, seuls les illettrés ou les sots seraient en mesures de faire une charte non vacante et la définition même de la normalité. Ma forme de pensée ainsi que mon raisonnement ont étés fractionnés en bas-âge et malgré toutes mes vaines tentatives, jamais plus je ne saurais exprimer d'une manière structurée et pondérée ce que mon moi profond aurait pu ou aurait voulu exprimer d'une manière précise et claire. La seule et unique pensée concise et adaptée serait celle qui m'attire depuis si longtemps vers le côté problématique que je peut déceler en chaque chose. Car rien n'est parfait. Si ce n'est la beauté d'une enfant, encore insouciante et intarissable. Ô douce enfant...