Connaissez-vous cette sensation si familière et bienfaisante que le froid ? Ce doux souffle de la brise qui vient effleurer votre peau sèche à vous en faire trembler. Cette odeur de nuit, de froid, de sapin, de feu de cheminée, cette si fluette volupté naturelle et enivrante. Tant indescriptible, impalpable et corruptrice que cette sensation et ce bien-être profond qui entre en moi lorsque je suis dehors. Rien à voir avec cette saloperie de soleil qui te crame la gueule, te fais suer des litres et t'oblige à suivre tes parents dans le sud pour voir des minettes fashions enduire leur corps siliconé d'huiles grasses et dégueulasses en tout genre.
Le froid est mon ami, mais un ami est souvent celui qui trahis le mieux. Je crains le froid comme je peux craindre la chaleur. Mais j'aime l'univers et l'ambiance qu'on rencontre lorsque l'hiver se fait sentir. Ces senteurs diverses et fraiches que nous humons fortement pour en ressentir tout l'éclat d'oubli. La neige, si pure et fertile qui s'abat sur les champs déjà gelés. Ces grands arbres dénudés de leurs feuilles, ces branches lugubres qui s'apitoient les unes sur les autres.
Que j'aime cette ambiance... Noël, malgré le côté religieux de la chose a vraiment quelque de bon et de fort. Ce n'est pas cette année que je commencerai à me plaindre du froid ou du mauvais temps. Le mauvais temps que vous considérez, est pour moi mon rayon de soleil. Soulignez bien le côté paradoxal de la chose. Je crois que je pourrais vivre toute l'année dans ces conditions, mais sans oublier que mes sources et que la base de chaque être humain est aux couleurs chaudes et au soleil. Je ne peux vous mentir ni même me mentir à moi-même en vous disant que je n'aime pas la chaleur. C'est une sensation agréable et perverse, mais je ne comprends pas ceux qui détestent le froid. Vous perdez l'occasion de vivre dans un autre univers durant six mois de l'année.
Mon Amandine, mon ange, mon amour, ma chérie, ma puce, mon trésor, ma mienne. L'un comme l'autre nous savons que le manque de confiance que j'ai en moi-même nous amène à avoir de temps en temps certains différents. Néanmoins, et je crois que nous en avons déjà suffisamment parlé, notre amour triomphe et triomphera toujours. Si j'ai eu certaines crises de jalousies ou si je t'ai fait certains reproches, c'était uniquement par peur de te perdre ou que tu ne m'aimes plus. On va dire que la crise post-Noël est passée. Seulement, et je crois que tu le sais, l'un comme l'autre nous avons eu des relations assez spéciales avant de nous mettre ensemble, et cela a forgée, en moi du moins, une sorte de crainte subjective et incontrôlable qui me rend paranoïaque de toute chose. Même s'il n'y eut rien de fondée ou de véritable dans les peurs que je t'ai confiée cette nuit-là -à part avec les articles d'Aza- cela ne m'empêche pas de m'en vouloir ou de penser que tu m'en veuilles...
Je suis comme ça, j'ai sans cesse besoin d'être rassuré ou d'entendre ta douce voix me murmurer à l'oreille que tu m'aimes. J'ai sans interruption possible besoin de voir tes yeux se poser sur moi et tes lèvres esquisser un sourire plein d'envergure et de douceur. Je ne peux m'empêcher de te raconter tout ce qu'il se passe dans ma vie et que tu saches tout ce que je penses de toi. Je ne peux m'empêcher de me sentir mal lorsque tu m'oublies ou que tu t'endors involontairement. Je ne doute jamais de notre amour, je ne le peux, ce serait mettre fin à mes jours, mais je me reproche toujours ce manque de confiance en moi-même. Et c'est pour cela que je souhaiterais m'excuser auprès de toi pour ces préoccupations que j'ai pu te donner ces derniers temps. Seulement tu sais à quel point il m'est difficile de ne pas avoir peur.
Me voilà dans le train pour Wimereux. Survivrai-je ce week-end enneigé sans toi ? Il y a une heure encore j'étais dans tes bras, dans cet univers froid et lumineux qu'est la période des fêtes de fin d'année. Dans mes rêves les plus fous d'enfants lorsque j'étais encore à Courset, c'était ces moments que je parcourais dans mes nuits cauchemardesques. L'image que j'avais de moi, parcourant la nuit noire sous ce manteau de guirlandes électriques. Cette nuée d'ampoule clignotantes ou non, grosses, petites, rondes, carrées, triangulaires. Ces cabanes en bois du marché de noël, l'ambiance hivernale que procure le marchand de marrons chauds au coin de la rue. La grande roue, majestueuse sur la grand place, et cet espace invisible mais bel et bien présent qui nous fait ressentir tous ces bienfaits.
Mains dans la main, parcourant avec attention les différents stands dont la neige synthétique trône, immortalisant ce moment festif. Il est vrai que ces derniers temps nous n'avons plus eu énormément de temps à passer ensemble. Que ce soit chez moi durant la semaine ou sur Lille le week-end. Mais rassure toi, une foule de surprise t'attends bientôt. Les vacances arrivant à grands pas, la bonne bouffe, les cadeaux, les joies, les rires et les pleurs de chacun.
Je me souviens d'un rêve bien étrange que je faisais encore il y a quelques mois mais qui s'est manifesté la première fois lorsque j'étais encore tout petit. Une sorte d'idéal de vie. Comme un fantasme qui me paraissait irréalisable mais qui m'empêchait de vivre. Une sorte d'univers indescriptible, mais qui ressemble étrangement à ce que j'ai pu écrire jusque là. Ce monde assombri par la nuit, le froid et le vent. Ces deux jeunes personnes aimantes que nous sommes. Ces flammes qui, sans aucune source de lumière, brillent dans la nuit lorsque nos regards se croisent. Ce sentiment de liberté qui nous habite. Cette nonchalance et ce besoin irrémédiable de l'un pour que l'autre se s'éteigne pas. cette étoile dans le ciel qui ne demande qu'à s'allumer mais qui reste sur ce monde infâme par amour de celle que tu es.
Sur un air de...



